L'IA inquiète pour l'emploi, mais façonne aussi les lois censées l'encadrer
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Une enquête mondiale du Pew Research Center montre que, dans la plupart des pays interrogés, les gens craignent désormais que l'IA détruise plus d'emplois qu'elle n'en crée, une inquiétude en forte hausse chez les jeunes. Une enquête distincte de NPR révèle par ailleurs que Google a fourni la trame de plusieurs lois américaines censées protéger les mineurs face aux chatbots IA, avec des exemptions qui pourraient couvrir ses propres produits.
Faits marquants
Dans la majorité des pays, on redoute désormais que l'IA détruise plus d'emplois qu'elle n'en crée
Selon une enquête du Pew Research Center publiée le 17 septembre, menée auprès de 42 151 personnes dans 36 pays (dont la France, le Brésil, l'Inde, le Nigeria, le Japon et la Corée du Sud) entre février et mai 2026, les habitants de 34 des 37 échantillons interrogés pensent que l'IA détruira plus d'emplois qu'elle n'en créera sur les vingt prochaines années. Dans des pays riches comme l'Australie, la Corée du Sud ou les États-Unis, environ 70 % des personnes interrogées partagent cette crainte. Chez les 18-34 ans américains, la proportion est passée de 40 % en 2024 à 55 % en 2026. Les personnes interrogées s'attendent aussi majoritairement à ce que l'IA creuse les inégalités plutôt qu'elle ne les réduise. Reprenant l'étude le 19 septembre, Euronews souligne un autre résultat : dans les pays à revenu intermédiaire, la Chine inspire davantage confiance pour encadrer l'IA (43 % en moyenne) que les États-Unis (35 %) ou l'Union européenne (34 %).
Google a fourni la trame de plusieurs lois américaines censées encadrer les chatbots IA
Une enquête de NPR publiée le 18 septembre montre que des lobbyistes de Google se sont enregistrés pour soutenir des projets de loi sur la sécurité des chatbots dans plusieurs États américains, dont l'Iowa, le Colorado, le Nebraska et l'Arizona. Une élue de Hawaï, Trish La Chica, indique que « la trame [du texte] avait été fournie par Google dès le départ ». Des exemptions quasi identiques apparaissent dans les projets de loi d'au moins dix États.
Dans le Colorado, la loi signée en mai 2026 par le gouverneur Jared Polis prévoit douze catégories d'exemption, qui pourraient couvrir des produits comme ChatGPT, Copilot, Claude ou Gemini dès lors qu'ils sont présentés comme des outils pour développeurs, du service client ou des moteurs de recherche. En Arizona, la gouverneure Katie Hobbs a opposé son veto à un texte comparable en juin 2026, estimant qu'il protégerait « les grandes entreprises technologiques... plus que les enfants ».
Lecture stratégique
Travail et emploi
Cette enquête mesure une perception largement partagée, pas des suppressions de postes déjà constatées. Elle documente un basculement d'opinion qui touche en premier lieu les jeunes actifs, dans des pays à des niveaux de développement très différents. Cette inquiétude peut peser sur les choix d'orientation professionnelle et sur les débats publics concernant la protection sociale face à l'automatisation.
Société et usages
L'écart de confiance mesuré entre la Chine, les États-Unis et l'Union européenne, dans les pays à revenu intermédiaire, indique que la manière dont un pays régule l'IA influence sa capacité à être perçu comme un partenaire de confiance sur ce sujet, au-delà des seules performances technologiques.
Régulation
Le rôle de Google dans la rédaction de textes censés protéger les mineurs illustre une asymétrie de moyens entre législateurs d'État, souvent peu équipés pour rédiger des textes techniques, et entreprises directement concernées par leur contenu. Les familles et les mineurs utilisateurs de chatbots sont les premiers concernés par l'étendue réelle de ces protections.
Éthique
La présence d'exemptions similaires dans plusieurs États pose la question de l'indépendance du processus législatif face à des entreprises qui sont à la fois concernées par la loi et associées à sa rédaction.
Impacts
Travail et emploi
Cette enquête mesure une perception largement partagée, pas des suppressions de postes déjà constatées. Elle documente un basculement d'opinion qui touche en premier lieu les jeunes actifs, dans des pays à des niveaux de développement très différents. Cette inquiétude peut peser sur les choix d'orientation professionnelle et sur les débats publics concernant la protection sociale face à l'automatisation.
Société et usages
L'écart de confiance mesuré entre la Chine, les États-Unis et l'Union européenne, dans les pays à revenu intermédiaire, indique que la manière dont un pays régule l'IA influence sa capacité à être perçu comme un partenaire de confiance sur ce sujet, au-delà des seules performances technologiques.
Régulation
Le rôle de Google dans la rédaction de textes censés protéger les mineurs illustre une asymétrie de moyens entre législateurs d'État, souvent peu équipés pour rédiger des textes techniques, et entreprises directement concernées par leur contenu. Les familles et les mineurs utilisateurs de chatbots sont les premiers concernés par l'étendue réelle de ces protections.
Éthique
La présence d'exemptions similaires dans plusieurs États pose la question de l'indépendance du processus législatif face à des entreprises qui sont à la fois concernées par la loi et associées à sa rédaction.
Sources
- Pew Research Center — Globally, More People Expect AI to Cause Job Loss Than Growth (17 sept. 2026)
- Euronews — Fear of AI job losses now outweighs hope of new jobs, study finds (19 sept. 2026)
- NPR — How Google is drafting AI chatbot laws around the country (18 sept. 2026)